Intervention de Jean Bertin
Dans la rencontre à l’hôtel Jaragua
Pour l’élaboration d’un plan stratégique pour le sauvetage d’Haïti
Le 28 au 30 aout 2009

Mesdames et messieurs,
Je ne veux en aucune manière que ma présence ici soit une contribution à la continuité du processus de destruction qui sévit dans mon pays. Je dis ceci en honneur à la mémoire de mon épouse Mireille et à la mémoire de tous ceux la qui ont aussi perdus leur vie pour un Haïti meilleure pour tous et pour toutes.


Pour mieux vous faire comprendre,


Le Jean Jean Bertin que beaucoup d’entre vous connaissait dans le temps, pilote de ligne, expert en aviation, entrepreneurs est passé en second plan, celui que vous avez devant vous, est un professionnel de la politique, né de la douleur des entrailles de la crise le 28 mars 1995.


Le professionnalisme et le pragmatisme cultivés pendant bien des temps chez moi ne me permettent pas de transgresser les principes fondamentaux de la politique.


Je suis invité ici comme vous, pour une réflexion en vue de trouver les voies et moyens de sauver notre pays.
Arriver ici, je constate qu’on est devant un comité préparatoire à l’élaboration d’une stratégie de sauvetage national.


Si nous voulons vraiment transformer Haïti, si nous voulons changer ce qui est mal et amélioré ce qui est bien, nous devons faire très attention pour ne pas suivre la même trajectoire que ceux que nous critiquons.


La logique même de la politique veut que vos possibilités et vos limites, dépendent fondamentalement de comment vous commencez.
Il vous faudra lutter contre le poids de nos coutumes, comme l’a si bien décrite dans son exposée, Danielle Saint Lot, l’une de nos plus belles richesses, la femme haïtienne, et je pense Danielle que tu as été généreuse avec nous hier matin, vous les femmes n’êtes pas sous estimées, mais méconnues.


Nous utilisons souvent de grands mots et de grandes expressions sans pour autant les mettent en pratique.
Les linges sales se lavent en famille, et j’ajouterai à cela, et à la maison.
Je ne comprends pas cette formule politique qui nous permet de faire des débats sur nos faiblesses, nos forces, nos stupidités etc etc. au devant des étrangers.


Le milieu international est stricte pourvu de règles et de normes bien élaborés. Il y a plus d’opportunités que de danger, et des gents très bien former si trouvent.
La plus grande des erreurs serait de ne pas les prendre aux sérieux.


Sommes-nous vraiment des leaders, je ne sais pas !
Ce que je sais, s’est que chacun de vous a un rôle à jouer, chacun de nous a quelque chose à apporter. Nous avons une responsabilité envers notre génération et une responsabilité encore plus grande envers les générations à venir.
Chacun de nous avons eu plus d’opportunité dans cette Haïti en faillite à cause de la douleur de l’injustice et l’inégalité,
Nous avons eu beaucoup plus de possibilité que tant d’autres.
Aujourd’hui, Haïti est en droit d’exiger plus de nous qu’aux autres,
Notre patrie est en droit d’exiger de nous autres qui avons eu plus d’opportunité pour l’éducation et pour vivre que nos autres frères qui sont dans les campagnes.
En vérité je vous le dit, nous avons moins le droit de faire des erreurs qu’eux. Nous faisons parti de cette minorité selecte qui dans toute société équilibré fait bouger les choses,

Je vais citer Arnold Toynbee, “le destin d’une société dépend toujours de la créativité de sa minorité ”.
Aujourd’hui Haïti requiert de nous le sacrifice du personnel ou de l’individuel pour l’intérêt collectif.


Nous sommes les héritiers de deux siècles d’histoires de luttes intestines, de désaccords et de violences. Il est temps que nous fassions que cette même histoire nous unit. Alors nous trouverons la force de cohésion nécessaire pour former l’âme nationale, condition sine qua non pour relever les grands défis énoncés par notre célèbre concitoyen Chavanne Jean-Baptiste, un des grands leaders du mouvement paysan haïtien.


Je veux me positionner du coté de Eliott le fugitif,
Qui se résume en ceci ; Dans un monde de fugitif, celui qui va en sens contraire parait être celui qui fui.
Dans notre cas, ce serait : Dans un monde d’irresponsable, celui qui prend ses responsabilités parait être l’inconscient.


Il est de ces générations qui n’assument pas leur responsabilité,
Il est de ces générations qui sont éclipsées par la médiocrité, d’autres par la peur et l’inertie. Notre pays est béni par ses ressources naturelles, son histoire, son identité, Nous avons de grands intellectuels, de très bons professionnels, de très bons industriels et commerçants. Et le peuple le plus laborieux de ce monde,
Nous ne devons pas laisser qu’un groupuscule qui s’est mis aux enchères pour les étrangers, nous fait passer pour des ignorants.


Les vrais péchés en Haïti qui ont contribués à la désarticulation de la Nation sont :
Faire de la politique sans principe,
Faire le commerce sans moral,
Haïti peut sortir du trou ou il est, si nous mettons de coté la grande tentation humaine de faire ce que nous critiquons chez les autres, gaspiller notre énergie en clamant que la faute est au blanc, au noir, le coupable est l’américain, le français, le politicien, le commerçant, l’industriels, les anciens militaires, le corps de la police, l’ancien corps des volontaire de la sécurité national VSN, avec la connotation de MACOUT. En fait
Utilisant les mêmes formules politiques et espérer des résultats différents. La Politique est une science mesdames et messieurs,
Deux plus deux ne font pas cinq ou six quand cela vous plait.


Une invitation !
Je vous invite donc à être ce qu’on dit que nous sommes, je vous invite à croire fermement en Haïti, je vous invite à faire le sacrifice nécessaire pour que nous le transformons ensemble. Nous avons plus que 9 millions de nos frères, une force nationale qui attend un Haïti différent de cet Haïti que l’on nous a inculque, un Haïti propre, un Haïti fort, un Haïti juste, un Haïti en sécurité, un Haïti compétitif, l’Haïti perle des Antilles, l’Haïti que nous aimons, cet Haïti est possible si nous répondons présent et dépassons les limites humainement espérable, les limites des conservateurs et des prudents, et que nous faisons honneur a ce titre que l’on nous a conférer,
Comme disait l’autre, vaux mieux être que de paraitre, vaux mieux servir que briller.
Mes chères amis, aimez passionnément Haïti, travaillez pour Haïti, luttez pour Haïti, transformons le ensemble, et seulement alors, nous serons en droit d’être appeler leader ! MERCI