Pour le Sauvetage National
Jean Erich René
Face à la situation de chaos, de peur, de terreur et de misère que vit quotidiennement le peuple haïtien, le souci d’y mettre un terme hante tous les esprits. Une nouvelle génération de dirigeants bien imbus des dossiers nationaux et soucieux du bien être collectif se prépare à occuper l’avant-scène politique afin d’assurer la relève avec compétence et dignité. La démocratie est le baume le plus efficace pour panser nos blessures. L’inégale répartition des richesses nationales séquestrées par nos dirigeants politiques, est à l’origine des conflits qui rongent le Corps Social.
Il faut coûte que coûte inverser la tendance actuelle propre à la démission de l’Etat, à l’insécurité et au pillage systématique des caisses publiques. De nouvelles bases de légitimation doivent être offertes à ce peuple traumatisé mais forcé de poursuivre la route avec ses bourreaux sous l’empire de la peur. Ce pays, meurtri par les vaines promesses des démons de la politique, ne pourra s’en sortir qu’à la faveur de campagnes de sensibilisation visant à écarter les électeurs de leur hypnose. Il faut aiguiser le sens critique de nos concitoyens afin qu’ils puissent distinguer le bon grain de l’ivraie.
Pour les prochaines joutes électorales, il ne faut plus prêter oreilles aux propos flatteurs et trompeurs des sycophantes que dire du mutisme mystificateur d’un vaurien. L’électeur rationnel doit axer son choix sur les critères suivants :
Un simple survol des appareils de l’Etat explique son effondrement compte tenu du rôle destructeur des castes dirigeantes et de leur collusion avec la politique néo-libérale. Le mythe de la privatisation des entreprises de l’Etat comme vecteur de progrès a facilité la main mise pure et simple, des partenaires politiques et économiques des pays impérialistes. Le démantèlement de l’Etat Haïtien s’est accéléré avec la vente du Ciment d’Haïti et de la Minoterie d’Haïti. De fabricant de ciment et de producteur de farine, nos entrepreneurs deviennent de simples metteurs en sac de ciment et de farine commandés en vrac. Ils ont court-circuité certains maillons de la chaîne de production et éliminé des emplois. Cette pratique de dépeçage de l’économie nationale s’inscrit dans le cadre de cette politique purement impérialiste faisant d’Haïti l’arrière-cour des USA. L’alliance des Colons de l’ère nouvelle avec les élus locaux identifie clairement les racines du mal haïtien.
Tout au long de notre histoire les classes dirigeantes haïtiennes sont pour la plupart alliées ou supplétives aux forces internationales à la recherche d’hégémonie politique et de butin pour exercer et financer leurs puissances. Actuellement le mythe de la soumission inconditionnelle de l’agneau en face du loup s’efface. Les voyages réitérés et les séjours prolongés de nos jeunes compatriotes sur les territoires des puissances colonisatrices soulèvent une prise de conscience. Nous avons la ferme conviction que, grâce à notre performance dans les sphères de l’administration de la Métropole, nous pouvons changer notre statut de pays pauvre parce qu’exploité.
L’élite haïtienne contemporaine refuse de s’évader intellectuellement en se gargarisant de plaintes, de complaintes et de sanglots en réaction à notre état de paria. La nouvelle donne prêche l’évangile de la Nouvelle Alliance, en ouvrant des perspectives plus enrichissantes et favorables à l’émancipation des masses nécessiteuses. A bas les préjugés mesquins de mulâtres et de noirs, d’Haïtiens du dedans et de la diaspora, de ruraux et de citadins, recyclés et ruminés à souhait pour nous diviser. Aujourd’hui nos expatriés se sont rendus compte que :
Face à ce désastre, nos dirigeants sont impuissants. D’où l’effondrement de l’Etat haïtien et notre mise sous tutelle. Pour le sauvetage National, une alternative louable et sans exclusive est proposée lors de la rencontre de Santo Domingo du 28 au 30 août 2009.