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HAÏTI-CORRESPONDANCE serie 2 / No 129 / 7 janvier 2002 E-bdo d'actualité haïtienne et de perspective démocratique et populaire _______________________________________________________________________

Bilan 2001 : Une série de trois textes sera publiée à partir du 8 janvier pour rappeler quelques-uns des évènements de l'année écoulée.
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 DANS LE SILLON DU 17 DÉCEMBRE 2001

Les récents évènements du 17 décembre continuent d'occuper une importante place dans l'actualité haïtienne. Une enquête judiciaire a été ouverte. A part le principal accusé, Richardson Pierre qui a déjà avoué avoir été un des "assaillants" lors de l'attaque du palais national, plusieurs autres personnes devraient être entendues, dont les sentinelles qui etaient de garde aux barrières du palais, informe le quotidien Le Nouvelliste.

Mais le gouvernement haïtien, qui souhaitait publiquement le retour en Haïti de l'ex commissaire Guy Philippe, accusé d'être le cerveau de ce qui a été présenté comme une "tentative de coup d'état", n'a pas officiellement demandé l'extradition de l'ex-officier, actuellement détenu en République Dominicaine. C'est du moins ce qu'a déclaré le Chancelier dominicain Hugo Tolentino Dipp, dont les propos ont été relayés par la presse haitienne.

"Le gouvernement dominicain est en négociations avec des pays tiers en vue de chercher une terre d'accueil pour Philippe", a également déclaré le Ministre dominicain des Affaires Étrangères.

Guy Philippe est arrivé le 25 décembre à Santo Dominigo après avoir été expulsé d'Équateur. Arrêté après 3 jours de cavale, il est gardé dans une caserne de l'armée. Cette situation pourrait durer au moins un mois, indique la presse dominicaine, alors qu'une visite officielle du Président Jean-Bertrand Aristide est prévue pour ce mois de janvier à Santo-Domingo, a confirmé le Ministre haïtien des Affaires Étrangères, Philippe Antonio.

Offensive de charme ?

Sur le terrain, le pouvoir multiplie des gestes a l'endroit de deux principaux secteurs victimes des actes de représailles de la part des partisans de Fanmi Lavalas le 17 décembre dernier. Il s'agit des secteurs de l'opposition et de la presse.

Une délégation composée des ministres de la justice, des finances et des travaux publics a voulu visiter le 4 janvier les locaux incendiés de la Convergence Démocratique afin, a-t-elle fait savoir, d'évaluer les dégâts en vue d'éventuelles réparations. La délégation, qui n'avait pas pris la peine d'avertir les dirigeants de la Convergence, a trouvé porte close.

L'un des porte-parole de cette coalition, l'ancien sénateur Paul Denis, a exprimé son indignation du fait que le gouvernement n'a pas demandé l'autorisation des dirigeants de la Convergence. Paul Denis a qualifié ces représentants du gouvernement d'"arrogants" et de "mal-élevés".

Un autre dirigeant de cette coalition, Gérard Pierre Charles, a expliqué que la démarche du gouvernement précéderait une rencontre qui devrait se tenir à l'Organisation des États Américains (OEA) le 9 janvier prochain autour des évènements du 17 décembre 2001.

Dans son message du premier janvier, 198ème anniversaire de l'indépendance d'Haïti, Aristide avait lancé un appel a l'unité et invité ses adversaires politiques à faire la paix avec lui. Ces derniers avaient réagi en disant qu'ils ne pouvaient faire confiance au président qui aurait tenu son "même discours de tromperie".

D'autre part, le président haïtien a rencontré ce 7 janvier au palais national plusieurs dizaines de directeurs de médias et de salles de nouvelles. Face au Chef de l'État, les journalistes n'ont pas caché leur inquiétude dans cette conjoncture où des groupes proches du pouvoir, bénéficiant de l'impunité la plus totale, affichent une hostilité sans borne contre la presse.

Les confrères et consoeurs ont rappelé les menaces et attaques subies par des journalistes et médias le 17 décembre 2001, des propos désobligeants tenus par des autorités lavalas contre des travailleurs de la presse, l'assassinat du journaliste Brignol Lindor le 3 décembre 2001 et le blocage de l'enquête autour de l'assassinat, le 3 avril 2000, du journaliste Jean Dominique.

L'attitude des autorités n'est pas de nature a améliorer les relations entre le pouvoir et la presse, a souligné Hérold Jean-Francois, président de l'Association Nationale des Médias Haitiens (ANMH). De son coté, le Secrétaire Général de l'Association des Journalistes Haitiens (AJH), Guilaire Delva a réclamé de la part du pouvoir des actions en faveur de la liberté de la presse.

Suite aux évènements du 17 décembre, une dizaine de journalistes qui ont du se réfugier dans des ambassades ont quitté le pays.

"La tolérance est un processus", a déclaré Aristide, qui a prôné le "respect mutuel" et en substance invité la presse a ne pas "jeter de l'huile" sur le feu des "tensions sociales", a l'approche de 2004, 200ème anniversaire de l'indépendance d'Haïti.

Aristide a fait savoir que des instructions ont été passées au niveau de la justice et de la police en vue de l'avancement du dossier Brignol Lindor. Concernant l'affaire Jean Dominique, il a affirmé être en attente d'un "point de vue" avant de prendre une décision sur le "renouvellement ou pas" du mandat du juge Claudy Gassant, chargé de l'enquête. Un certain scepticisme planait ce 7 janvier encore sur le renouvellement du mandat du juge, mandat qui est arrivé à terme a la mi-décembre 2001.

Par ailleurs, une nouvelle visite de Robert Ménard, Secrétaire Général de l'organisme de défense des journalistes Reporters Sans Frontières (RSF) est attendue cette semaine à Port-au-Prince.

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