URGENT
Liberté
de la presse
22
juin 2001
HAÏTI
Un journaliste de Radio Haïti Inter agressé
Dans une lettre adressée à Eric
Dubreuil, secrétaire d'Etat à la sécurité
publique, Reporters sans frontières (RSF, www.rsf.org)
a exprimé sa préoccupation après
l'agression dont a été victime Fritson
Orius, journaliste de Radio Haïti
Inter. RSF a demandé l'ouverture d'une enquête
afin d'identifier et de punir les auteurs de cette agression.
"A travers le journaliste, il se pourrait que ce soit
la rédaction de la radio qui ait été
visée pour son suivi de l'enquête sur l'assassinat
de Jean Dominique", s'est inquiété Robert
Ménard, secrétaire général
de RSF.
Selon les informations recueillies par RSF, Fritson
Orius, animateur du journal de 20h sur Radio Haïti
Inter, a été menacé et agressé
par deux hommes armés le 20 juin 2001, peu après
son départ de la station. Les deux inconnus ont
d'abord tenté, sans résultat, de bloquer
son véhicule sur le parking d'un supermarché
de Port-au-Prince. Ils ont ensuite poursuivi Fritson
Orius jusque dans une station essence où ils
l'ont contraint à descendre de sa voiture puis
l'ont tenu en joue pendant un quart d'heure devant plusieurs
témoins. Selon le journaliste, les deux hommes,
qui ont affirmé être des policiers, ont
déclaré identifier son véhicule
comme étant celui de Jean Dominique. La police
a depuis démenti qu'il s'agisse de policiers.
Le 3 avril 2000, Jean Dominique, le journaliste et analyste
politique haïtien le plus connu du pays, était
abattu dans la cour de sa station, Radio Haïti
Inter. A plusieurs reprises la radio a dénoncé
les obstacles rencontrées par l'enquête
et les menaces qui pèsent sur la vie du juge
d'instruction. Dany Toussaint, un sénateur de
Fanmi Lavalas (au pouvoir), s'est récemment vu
notifié son inculpation dans cette affaire. Depuis,
ses partisans multiplient les manifestations pour dénoncer
un "complot" supposé contre lui et demander l'arrestation
du juge d'instruction. Le 12 juin 2001, au cours d'une
conférence de presse, Dany Toussaint a lui-même
présenté le procès-verbal rédigé
par un juge de paix suite à l'interrogatoire,
illégale, de trois des six prévenus en
prison en vue d'obtenir des témoignages discréditant
l'instruction. Le ministre de la Justice a annoncé
que des sanctions seraient prises contre le juge de
paix.
Connu pour son indépendance de ton, Jean Dominique
critiquait aussi bien les anciens duvaliéristes
et les militaires, que les grandes familles de la bourgeoisie
ou, plus récemment, ceux qu'il soupçonnait,
au sein de Fanmi Lavalas, le parti du président
Jean-Bertrand Aristide, de vouloir "détourner
ce mouvement de ses principes". Dans un rapport publié
le 2 avril 2001, RSF dénonçait que l'enquête
a failli être étouffée à
plusieurs reprises. L'assassinat de Jean Dominique,
le journaliste le plus célèbre du pays,
est vécu comme un avertissement par l'ensemble
de la profession.
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de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit
d'informer et d'être informé, conformément
à l'article 19 de la Déclaration universelle
des droits de l'homme. Reporters sans frontières
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Régis Bourgeat
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