
HAÏTI-CORRESPONDANCE
serie 2 / No 104 / 28 Mai 2001
E-bdo
d actualite haitienne et de perspective democratique
et populaire _______________________________________________________________________
Le Haut Staff de l'OEA
a Port-au-Prince
Un
an après les élections du 21 mai, rappel
des principales "propositions de sortie de crise".
Enquête
sur l'assassinat de Jean Dominique : reprise des convocations
au Cabinet d'Instruction
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LE HAUT STAFF DE L'OEA
A PORT-AU-PRINCE
A nouveau, la communauté
internationale se penche sur le dossier haïtien.
C'est le haut staff de l'Organisation des États
Américains (OEA) qui arrive a Port-au-Prince
ce 29 Mai. Le Secrétaire Général,
l'ancien président colombien Cesar Gaviria, prend
lui-même la tête de la mission prévue
comme une opération conjointe avec la Communauté
Économique de la Caraïbe (CARICOM), cette
dernière se faisant représenter par l'ancien
Premier Ministre de la Dominique, Eugenia Charles.
Il s'agit, une fois de
plus, de relancer les discussions entre le parti au
pouvoir Fanmi Lavalas et la coalition d'opposition Convergence
Démocratique. Comme au cours des 7 précédentes
missions, les délégués doivent
avoir des séances de travail avec le président
Jean Bertrand Aristide, les responsables de l'Opposition,
des membres de l'Initiative de la Société
Civile (ISC)et des représentants de la Communauté
Internationale en Haïti.
Cette mission conjointe
OEA/CARICOM intervient environ un mois après
les recommandations des dirigeants du continent qui
avaient discuté de la question haïtienne
lors du récent Sommet des Amériques à
Québec. Pour sa part, le Secrétaire Général
adjoint de l'OEA, Luigi Einaudi, séjourne dans
la Capitale haïtienne depuis le 27 Mai, afin de
préparer la mission OEA/CARICOM. Il a déjà
rencontré plusieurs hauts responsables politiques,
dont le président Aristide. A Port-au-Prince,
Einaudi n'a pas renouvelé sa déclaration
du 25 Mai a Washington, où il avait présenté
la prochaine visite de Cesar Gaviria et Eugenia Charles
comme une mission de dernière chance. Il avait
laissé percé une certaine lassitude vis-à-vis
du refus des protagonistes de parvenir a un compromis
et avait parlé de la nécessité
d'annuler les élections du 21 Mai.
En ce qui concerne les
acteurs locaux, le Recteur de l'Université d'État
d'Haïti, Pierre Marie Paquiot, a offert ses bureaux
comme "terrain neutre" pour le déroulement des
pourparlers. Les protagonistes ont accepté le
caractère neutre du Rectorat de l'UEH, mais n'ont
encore effectue aucun pas concret vers des négociations.
D'ailleurs l'atmosphère créée depuis
l'emprisonnement le 21 Mai aux Cayes (Sud) de l'ancien
député Gabriel Fortuné, dirigeant
de la Convergence, ne contribue pas a faciliter les
choses. Fortuné, qui est un ancien proche de
Lavalas, a été arrêté suite
a un affrontement entre des militants du parti au pouvoir
et ceux de l'opposition. En réaction, le président
provisoire proclamé par la Convergence Démocratique,
Gérard Gourgue, a appelé a l'arrêt
du processus de négociations avec le pouvoir
et la Communauté internationale tant que Fortuné
ne sera pas libéré.
Fortuné qui devrait
être entendu par la justice dans les jours qui
viennent, risque d'être en panne d'avocat. Celui
qui devait assuré la défense du prévenu
est mort le week-end écoulé dans un accident
de la route jugée suspecte par les proches de
Fortuné.
Une autre arrestation
défraie également la chronique: l'ancien
général Prosper Avril a été
emmené par des policiers en cagoule le 26 mai
alors qu'il procédait dans un restaurant de Pétion-Ville
(Est de la Capitale) à la vente signature de
son dernier ouvrage "Le Livre noir de l'Insécurité".
L'ancien général, qui a dirigé
le pays de septembre 1988 à mars 1990, a été
arrêté sur mandat délivré
depuis 1996 a confirmé le Commissaire du Gouvernement
Me Josué P Louis, qui affirme qu'Avril était
recherché.
Parmi les motifs de l'arrestation
d'Avril, figure l'accusation de "complot contre la sûreté
de l'état". Le Commissaire a aussi indiqué
que des victimes de torture de la part d'Avril en 1989
en ont profité pour porter plainte contre l'ancien
général qui avait dirige le pays d'une
main de fer.
En 1994, la justice américaine
avait trouvé Avril coupable de torture sur des
militants politiques appelés en Haïti "prisonniers
de la toussaint", pour avoir été arrêtés
le 1er Novembre 1989. Parmi eux, il y avait l'actuel
dirigeant de la Confédération Unité
Démocratique - KID, Evans Paul, Serges Gilles
du Parti Nationaliste Progressiste Haïtien (PANPRHA)
et le syndicaliste Jean Auguste Mesyeux. Certains d'entre
eux avaient même été montrés
a la télévision, les visages tuméfiés.
La dernière fois que l'ancien général
a été vu en public remonte a la mi-avril,
lors d'une rencontre organisée par la Convergence
Démocratique.
UN
AN APRÈS LES ÉLECTIONS DU 21 MAI, RAPPEL
DES PRINCIPALES PROPOSITIONS DE SORTIE DE CRISE
Janvier 2001 - Le public
apprend que le leader de Fanmi Lavalas, Jean Bertrand
Aristide, a écrit au président américain
William Clinton s'engageant sur 8 points qui prévoient
la correction des problèmes lies aux élections
du 21 mai, la formation d'un nouveau Conseil Électoral,
la mise en place d'un gouvernement d'ouverture, une
amélioration de la coopération haïtienne
a la lutte anti-drogue, la négociation d'un accord
sur le rapatriement des illégaux haïtiens
vivant aux États-Unis et de nouveaux pourparlers
avec les Institutions Financières Internationales.
Mars 2001 - Le chancelier haïtien, Philippe Joseph
Antonio, presente devant le Conseil permanent de l'OEA
a Washington, une proposition basée notamment
sur des élections législatives anticipées
en novembre 2002 pour les députés dont
le mandat arrive à terme en janvier 2004. Mars
2001- Le Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie
(CLED) demande la formation d'un gouvernement et d'un
Conseil Électoral Provisoire de consensus, chargés
d'organiser des élections législatives
générales dans une période d'un
an.
Mai 2001 - Le président
provisoire proclamé par la Convergence, Gérard
Gourgue, publie un document dans lequel il souhaite
la tenue de nouvelles élections législatives,
municipales et locales et l'évaluation du scrutin
présidentiel du 26 novembre.
Mai 2001 - Une vingtaine
d'associations patronales demandent la reprise complète
des élections législatives municipales
et locales de 2000, avec un Conseil Électoral
Provisoire (CEP), indépendant, responsable et
impartial.
Mai 2001 - L'Alternative
pour le Changement (AC), un regroupement de partis d'opposition
formule ses propositions, reconnaissant la présidence
de Jean Bertrand Aristide, et réclamant l'annulation
totale des élections du 21 mai 2000 ainsi que
les sénatoriales du 26 novembre. L'AC exige aussi
des dédommagements pour les partis et candidats
qui ont pris part aux élections de l'année
2000.
ENQUETE
SUR L'ASSASSINAT DE JEAN DOMINIQUE : REPRISE DES CONVOCATIONS
AU CABINET D'INSTRUCTION
L'ancien major Dany Toussaint
a été une nouvelle fois entendu la semaine
écoulée par le juge Claudy Gassant, dans
le cadre de l'enquête sur l'assassinat du journaliste
Jean Dominique. C'est la huitième fois que Dany
Toussaint est convoque au cabinet d'instruction. Petite
particularité cette fois, il était accompagné
de son avocat.
Le dirigeant de la Convergence
Démocratique, Evans Paul, a également
répondu aux questions du Juge Gassant. Paul en
a profité pour déposer une plainte contre
les auteurs et commanditaires de l'incendie qui a détruit
le local de la coalition Espace de Concertation, le
jour même des funérailles du directeur
de Radio Haïti Inter, le 8 avril 2000. Un journaliste
ivoirien récemment enlevé puis libéré,
Abdoulaye Guedewoungué, a été aussi
convoqué. L'ivoirien affirme avoir informé
le juge instructeur de son enquête journalistique
sur le meurtre de Jean Dominique.
Lors de son enlèvement,
Guedewoungué avait été sévèrement
reproché pour ses recherches autour du dossier
de l'assassinat de Jean Dominique, selon ce qu'avait
affirmé sa femme.
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