$1.50
August, 2000

A vouloir toujours plus,

voilà ce qui arrive …

 

Aristide avait les voix pour une victoire, mais il a triché et a ainsi perdu sa victoire légitime.

D'après James Morrell (1)


Le 21 mai 2000, la majorité des électeurs haïtiens se rendait aux urnes et votait massivement pour le partie de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, le parti Lavalas. Le jour des élections fût pratiquement sans violence, et les observateurs de l'OAS ne signalèrent que peu d'irrégularités. Après des années de confusion politique, un parti avait enfin la législature et la présidence, et l'impasse gouvernementale ne serait plus que du passé.

On pouvait alors s'imaginer qu'un gouvernement totalement légitime émergerait à Haïti, un gouvernement capable de collecter des centaines de millions d'aides réservées pour le pays par la World Bank, mais aussi par des donateurs.

En réalité, ce n'était pas le cas. Non content d'avoir gagné, Aristide, ayant ses partisans au conseil électoral, truqua le nombre de scrutin afin de rafler la victoire au premier tour, au nez des dix-neuf candidats au siège de sénateurs, dont dix-huit appartenait à son parti. Ils arrêtèrent le compte des voix aux quatre premiers concurrents, réduisant le champ de un quart, à un tiers des candidats, et faussant ainsi les pourcentages afin de prétendre à une majorité légitime. Ils ont ainsi oublié volontairement de 1.1 à 1.2 millions de voix destinées aux autres candidats, ce qui représente entre 25 et 35 pourcent du total.

Le 31 mai, l'OAS a dénoncé cette procédure frauduleuse et a fait appel au conseil électorale afin de compter tous les bulletins de vote avant de procéder au second tour.

Le président du conseil, Léon Manus, a d'abord refusé, et a renvoyé une lettre dénonçant l'intervention de l'OAS. Il a finalement changé d'avis et effectué un deuxième dépouillement des bulletins de vote. Ce deuxième dépouillement a montré que seulement cinq, et non seize, des candidats du parti Lavalas au siège de sénateur étaient élus au premier tour. Alors que Manus était sur le point d'annoncer ses conclusions, il fût convoqué au palais présidentiel par le président René Préval. Le président Préval et l'ancien président Aristide tinrent tous deux, au téléphone, des propos particulièrement virulents que Manus pris pour des menaces de mort. Avec l'aide des Etats-Unis et d'autres ambassades étrangères, Manus réussit à s'enfuir vers la République Dominicaine puis vers les Etats-Unis.

L'OAS considérant que les résultats du premier tour avaient été truqué, refusa d'être observateur lors du second tour. Les Etats-Unis, l'Union Européenne, les Nations Unis, et Caricom condamnèrent cette procédure. Le 13 juillet 2000, le sénat adoptait la résolution de faire appel à une aide jusqu'à ce que Haïti organise des élections libres et représentatives.

Ce-ci fît l'objet d'un rapport complet. Pour simplifier le système de dépouillement du scrutin, nous avons reproduit un retour sénatorial, exactement comme le proposait le CIP en juin, en utilisant le calcul des faux pourcentages. Ce retour vînt du Département du Nord'est. Ce qui montre qu'il y avait 132 613 voix pour les deux positions sénatorial. D'après la constitution et la loi électoral vous remportez au premier tour si vous avez obtenue plus de cinquante pourcent des voix. Comme il y a deux places de sénateurs et que l'on peut voter pour chacun des sénateurs, si l'on divise les 132 613 voix par le nombre de sénateurs, on obtient 66 307 voix par sénateur. Les 50 pourcent des 66 307 voix représentent 33 154 voix, le nombre qu'il faut pour remporter les élections au premier tour. Les deux candidats du parti Lavalas ont été déclaré vainqueurs, alors qu'ils n'avaient obtenu respectivement que 32 969 et 30 736 voix.

RESULTATS DES ELECTIONS DU 21 MAI 2000

 

SENATEURS NORD'EST

Departement Prenom Nom Parti Total %
NORD'EST AMOS ANDRE MOCHRENA 3,201
ABRAHAM BONHOMME MOCHRENA 3,427
JOSE JOSEPH DANIEL IND 11,305 24.00%
JUDNEL JEAN Espace 6,459
PHILOME FIRMIN JEAN-LOUIS OPL 11,082
ARMAND JOACHIM OPL 15,966 35.00%
1er JEAN RODOLPHE JOAZILE Fanmi Lavalas 32,969 72,47%
ARGAIS JOSEPH IND 5,547
LUNICE MATHIEU MPSN 1,456
GERARD PIERRE Espace 6,703
2eme LUCIEN DELINX PIERRE-LOUIS Fanmi Lavalas 30,736 67,56%
EMMANUEL TINORD Tet Ansanm 3,762
132,613

Pour faire gagner leurs candidats, ils ajoutèrent des voix aux quatres candidats qui en avaient le plus (90 976), divisèrent ce nombre par deux pour obtenir 45 488, et divisèrent le nombre de voix obtenu par les deux concurrents du parti Lavalas (32 969 et 30 736). Avec ces 45 488 voix, ils obtinrent respectivement un pourcentage de 72,47 et 67,56 chacun.

Ce qui laisse supposer qu'avec deux sénateurs, tout le monde vote deux fois. En réalité environ une personne sur cinq n'a voté que pour un sénateur. Si vous divisez alors le total des 132 613 voix par 1,7, vous obtenez 78 008 que vous divisez par deux. Au final vous avez un total de 39 004 voix, et ainsi un seuil qui devient encore plus haut pour gagner au premier tour.

On a observé ce système de calcul du nombre de voix dans un seul département, mais si l'on examine d'autres départements on s'apperçoit que c'est exactement le même procédé.

Le 14 juin 2000, le conseil électoral des travailleurs a fait le calcul des pourcentages comme l'exige la loi. En comptant tous les bulletins de votes on s'apperçoit que sur les département ci-dessus, personne n'a remporté la victoire au premier tour. Dans tout le pays, on en dénombre seulement neuf. Si l'on prend en compte le nombre de votants pour un seul sénateur, le nombre de gagnants au premier tour est encore plus réduit que les cinq annoncé par Manus, président du conseil électoral. Le CIP (Center for International Policy) a écrit un rapport sur les membres ayant participé au déroulement des ces élections sur son site web.

Tous les bulletins de vote sont rassemblés, donc il n'est pas question de travail supplémentaire lorsqu'il s'agit de compter toutes les voix. La décision de ne prendre en compte que les quatre premiers candidats n'était, en réalité, que purement politique, imposé par l'Exécutif. Ce qui se fît probablement par le biais du bureau des compte (responsable des opérations) avec Luciano Pharaon à sa tête. Ils faut cependant noter que les personnalités concernées ont sans aucun doute contester ce système.

Durant le mois de juin, le bureau des comptes fit un rapport sur la méthode des quatre premiers candidats, seul ou parfois avec la signature d'autres membres du conseil électoral provisoire. Mais le 22 juin, alors que le président du CEP, Manus, était sur le point de conclure ce rapport, il a réalisé que la méthode était mauvaise et refusa de publier le rapport. C'est au moment où Manus était sur le point de donner les véritables chiffres que le Président Préval et l'ex-président Aristide l'ont menacé, et qu'il s'est enfui.

Pour l'élection de la chambre basse, il y avait seulement un député qui était choisi par district, et de cette façon il n'y avait aucun moyen de reprendre la méthode utilisée pour l'élection des sénateurs. Même les personnes qui avaient truqué les élections ne trouvèrent pas de moyen d'éviter de compter de tous les bulletins de vote. Pour lesélections des députés, seulement un tiers gagnèrent au premier tour, c'est à peu près la même proportion qui aurait dût être élue au sénat, si les élections n'avaient pas été truquées.

Pourquoi Aristide a-t'il triché d'une façon aussi flagrante alors qu'il avait les voix pour remporter les élections? Ce rapport donne trois lignes d'explications. Tout d'abord il faut revoir le démenti fait par les partisans d'Aristide au sujet de cette manœuvre frauduleuse. On peut alors observer les raisons pragmatiques qui ont conduit Aristide à tricher afin de remporter les élections a coup sûr. Enfin, Aristide ayant les voix pour gagner, il faut prendre en compte des explications culturelles et psychologiques.

Quelles sont les conséquences? peut-on changer le cours des évènements ou Haïti et le reste du monde doivent-ils considérer cette situation comme un fait accompli? et enfin, qu'advient-il de la population pauvre de Haïti? Ces questions sont prises en compte à la fin de ce rapport.

Pourquoi tricher lorsque vous n'avez pas à le faire?

En cette fin de siècle il y a eu beaucoup d'élections frauduleuses, mais celui qui avait organisé ces élections a été ramené au pouvoir par vingt-deux milles militaires américains sous l'autorité des Nations Unis afin d'inspirer la démocratie. Il semble que l'on ait voulu enflammer l'opinion publique en trichant lors de ces élections et assurer de cette façon à Haïti son isolation.

Il n'y a aucun doute que le support absolu dont bénéficie le parti de la famille Lavalas guarantit la ré-élection de Aristide et une forte majorité au parlement. La plupart des candidats de la Famille Lavalas qui n'avaient pas gagné au premier tour étaient des avant-coureurs, prêt à gagner le "runoff". Le fait d'avoir truquer les résultats signifie que le gouvernement va manquer de légitimité aux yeux des Haïtiens et des étrangers aussi.

On peut avancer trois explications principales à ce comportement qui semble irrationnel.

A. Le démentie

Le gouvernement Haïtien actuel et ses défendeurs à l'étranger nient l'existence de fraude. Ils soutiennent que ce procédé est le même que celui utilisé en 1990, sans qu'aucune objection ne se fasse du côté des observateurs des élections. Ils maintiennent que les candidats ayant un très faible nombre de voix étaient les seuls dont on n'avait pas tenu compte.

Toutefois, la Fondation International pour le Système des Elections et les membres du conseil électoral de 1990 démentent qu'un tel procédé ait été utilisé lors de ces élections, et la plupart des candidats devaient aller au second tour. L'OAS soutient que le nombre de voix qui avaient baissé en 2000 était tout sauf petit, en effet il représentait 1.2 millions, c'est à dire non plus un quart mais un tiers des voix pour l'élection d'un sénateurs.

Peter Romero, assistant secrétaire d'état des Etats-Unis, et Donald Steinberg, envoyé spécial à Haïti, ont déclaré que le Département d'Etat avait recherché activement si une telle méthode avait été utilisé lors des élections de 1990, 1995 et 1997 à Haïti, et conclurent que non. Un non si catégorique que l'ambassadeur Steinberg déclara que ce n'était "même pas discutable". La loi électoral de 1999 avait remplacé les autres lois.

La seule réponse rationnelle pour ne pas avoir pris en compte tous les bulletins de vote lors du premier tour en 1990 aurait pût être la suivante: si seulement un candidat sur les quatre ou six mieux placés ne peut obtenir la majorité, pourquoi s'embêter à compter le reste? en 2000, le fait de ne pas prendre en compte tous les bulletins n'était pas pour éviter du travail, et par la même ne pas prêter attention aux candidats qualifiés au second tour, mais de changer les résultats de ce qui aurait pu arriver lors du second tour. Par conséquent, le 7 juillet, la mission électoral d'observation del'OAS a annoncé que, d'après les dispositions de la loi électoral propre à Haïti, les résultats des élections proclamés par le Provisional Electoral Council (CEP) ne serait pas pris en compte, et que la mission ne pouvait pas les considérer comme justes et corrects. Par conséquent, l'OAS n'assisterait pas au second tour des élections qui devait se dérouler le dimanche 9 juillet.


B. Pragmatisme

L'école pragmatique souligne que Aristide a besoin d'un parlement qui se plie à ses exigences pour assurer sa ré-élection et modifier les limites constitutionnelles concernant la présidence pour devenir un président à vie, ce à quoi aspirent ses partisans. Alors que le parti de la Famille Lavalas aurait dût gagner un tiers des courses législatives du premier tour, un second tour n'aurait fait que confirmer la reconnaissance du nom, et renforcer l'unité des candidats de l'opposition, du fait que ce tour soit confiné au deux candidats ayant obtenus le plus de voix. Au premier tour, plus de trente partis étaient présents, ce qui représentait une masse assez confuse pour les électeurs haïtiens. Lors du second tour, les candidats de la famille Lavalas auraient dû se rassembler en un seul représentant de leur parti, afin de s'unifier face à l'opposition et de se mettre en communication avec les électeurs. Un tel renforcemment de l'opposition a déjà été observé dans beaucoup de pays utilisant un système électoral à deux tours. Dans de telles circonstances, l'école pragmatique soutient que au deuxième tour, les électeurs haïtiens aurait dût refuser la majorité au parti de Aristide.

Ici, l'école pragmatique démontre que les pouvoirs donnés au parlement dans la constitution de 1987 (dont les lignes directives était d'empêcher un autre président à vie) sont de plus en plus importants. Avant de pouvoir prendre place, chacun des gouvernements qui officie à Haïti doit réussir une vérification financière que le parlement doit approuver. Si le parlement n'approuve pas ce projet présenté par Aristide, il peut alors être écarté de la présidence.

Il serait de plus en plus difficile d'attirer les deux-tiers d'approbations parlementaires concernant les changements constitutionnels nécessaires, qui permettrait à Aristide de rester à la présidence après 2006, mais c'est sans compter sur la majorité écrasante de la Famille Lavalas. Ainsi l'école pragmatique soutient que le fait de remporter les élections et d'avoir la majorité n'était pas suffisant lors des élections de l'année 2000.



C. Les dimensions culturelles et psychologiques

Un représentant de cette école, un conducteur de taxi de Port-au-Prince a dit : "Lavalas aurait gagné même s'il n'avait pas triché. Mais il voulait écraser l'opposition."

Comme Aristide l'avait lui-même déclaré en décembre 1998 lors de son discours pour sa ré-élection, le prochain gouvernement sera cent pour cent Lavalas, ne laissant pas de place aux "opportunistes". "Nous voulons dire à tout le monde ici présent que nous aimons notre pays, ce-ci est pournotre mère patrie Haïti….." ce qui signifie que l'on ne ferait pas de cadeau à toute personne s'étant opposée à Lavalas.

"A partir de maintenant, même si vous êtiez un candidat, n'en êtiez pas un, même si vous allez vous présenter, pas de problème, regardez moi dans les yeux en 2001… Lavalas ne vous fera pas de cadeau."

Lavalas voulait établirla paix, " prenez le comme vous le voulez".

En 1998, des Haïtiens ont contesté des psychologies du travail sur un forum de discussions sur internet en 1998. Un Haïtien a observé, "la majorité des personnes diplômés s'applaudissent les uns les autres où se tirent dansles pattes".

Une autre personne se rappelle que lorsqu'il était à Haïti, il y a peu de temps, il avait participé à une émmission de radio. "J'en ai eu marre d'entendre d'un côté les louanges d'une personne et d'un autre côté l'assassinat d'une autre." Il proposa un débat réel dans lequel les deux parties seraient représentées. Plusieurs radios lui ont répondu que cette idée avait été abandonnée il y a déjà plusieurs années.

"Une personne qui se trouve au sommet refusera tout simplement de s'asseoir en face d'une autre qui ne pense pas la même chose que lui."

En 1999, Franklin Midy, sociologue à l'Université du Québec, qualifie les deux partis du camp Lavalas ainsi: "l'un que l'on peut appeler légitimement charismatique, et l'autre légalement constitutionnel".

La faction légitimiste se présente elle-même comme une véritable représentation du peuple Haïtien. Cette représentation est centrée sur le personnage charismatique de Jean-Bertrand Aristide qui prétend incarner les véritables aspirations des Haïtiens et être leur représentant le plus légitime. C'est dans cette esprit qu'il s'est opposé à la création d'un parti politique, nécessairement partisan, parceque comme il a expliqué, personne ne doit diviser la famille Lavalas. Mais plus tard, lorsqu'il a réalisé que la famille n'était pas aussi unifié qu'il n'y parraissait, que certains des enfants de la famille n'adhéraient pas aux idées de leur père, enfants que l'on qualifie de "errants", il a alors essayé de réunir les enfants légitimes en un authentique parti Lavalas, où il n'y aurait pas de place pour les "opportunistes." C'est le parti de Fanmi Lavalas.

Contrairement au parti charismatique légitime, le parti légal constitutionnel a la majorité dans les deux chambres de la legislature et est en position de partage légitime du pouvoir de l'état. Ce parti est regroupé aujourd'hui sous le nom de l'Organisation du Peuple en Lutte (OPL), autrefois appellé l'Organisation Politique Lavalas, membre de la grande famille. Les représentants actuels de l'OPL étaient élus comme part du ménage avant que cette organisation ne deviennent le parti de la Famille Lavalas, sous la direction du Président Aristide.

Il y a apparemment un fossé infranchissable entre ces deux factions politiques. Un conflit qui concerne la légitimité du pouvoir, la légitimité politique. Le parti de Fanmi Lavalas revendique une légitimité totalement charismatique contrairement à l'OPL. Pour sa part, l'OPL cite sa majorité dans les deux chambres comme la base de sa légitimité et réclame un partage du pouvoir. Entre ces deux représentants de la légitimité politique, le conflit semble réellement insurmontable. Le parti légal constitutionnel qui a la majorité dans les chambres, et demande le partage du pouvoir, et le parti charismatique légitime qui prétend représenter les véritables aspirations du peuple et se comporte comme s'il devait controller le pouvoir.(2)

Ces différentes déclarations faites par des Haïtiens montre la culture politique concernant la prise du pouvoir. Après une expérience amère avec des politiciens haïtiens, deux diplomates américains n'ont pas mâché leurs mots. Lawrence Pezzullo, un diplômé expérimenté qui était négociateur à Governors Island, a déclaré: "je n'ai jamais rencontré des gens comme les Haïtiens who can belly up to the table and belly back down again." Robert Gelbard a été accusé de racisme lorsqu'il a déclaré que les compromis n'étaient pas dans les gênes des haïtiens.

Donc à la question, "pourquoi Aristide a-t'il triché alors qu'il n'avait pas à le faire? " ils n'ont pas de réponse claire.

II. Peut on faire changer cette situation?

La situation est-elle irréversible?

Quel devrait être la politique américaine, et donc par la même, de la communauté internationale? Et quel devrait être l'attitude des "well-wishers" non gouvernementaux de Haïti qui étaient tellement attachés à créer un climat d'opinion qui aurait empêcher le retour de Aristide en 1994?

A. Absence de contrôle

Une aide tel que celle donnée par les Etats-Unis ou d'autres bienfaiteurs de Haïti ne peut ralentir la course du gouvernement. Depuis les élections controversées de 1997 et la dissolution du parlement en 1999, il est prévu d'être encore plus présent. Pendant ce temps les politiciens haïtiens ont appris comment vivre avec le cash flow d'appels téléphoniques de longues distances, les remontrances de la diaspora lasse, les cadeaux venant de Taïwan et les subventions des lords de la drogue de Colombie. Pour eux, tout comme leurs prédécesseurs, ce flot insignifant et familier est un barrage au vaste potentiel que pourrait être Haïti.

La côte des pauvres est invisible, mais immense. Pendant un moment, l'aumône des occidentaux a pu empêcher le gouvernement d'utiliser des organisations non gouvernementales, comme cela avait été fait pendant des années sous Duvalier. Mais on ne peut trouver une solution permanente à la pauvreté sans un gouvernement qui utilise des aides importantes venant des occidentaux pour reconstruire les infrastructures, et créer la sécurité et des lois que l'économie doit faire développer. Il n'y a aucun moyen de punir le gouvernement haïtien sans punir par la même occasion les habitants aussi.

B. L'imprévisibilité de la situation présente

D'un autre côté, un régime qui traite avaec maladresse des élection qu'ils ont remporté n peut rester stable. L'opposition se réfère de façon fréquente aux "barons de Tabarre." Parmi eux, il y a des candidats à la place de sénateur, certains d'entre eux étaient des anciens militaires liés avec des trafiquants de drogue, qui sont réputés pour avoir leur propre coteries armé. . . .

Cependant, l'instabilité de Haïti, du fait de sa localisation, devient un problème bien plus sensible pour les Etats-Unis que les génocides en Afrique. Il est difficile de deviner quel problème pourrait exploser, sans que l'on ne puisse le contrôler-- afflut de drogue et de réfugiés, famine, ou désastre humanitaire. Rien que la pression démographique, si elle est accompagnée par une économie stagnante, pourrait mener à l'effondrement de l'ordre publique.(3)


Footnotes

1. The author is grateful for insights contributed by Prof. Henry F. Carey, assistant professor of political science at Georgia State University. He was a member of the CIP electoral observation delegation in May, 2000. He is the author of "Electoral Observation and Democratization in Haiti" published in 1998 by the University of California.

2. Franklin Midy, "What's Blocking Haiti," 1999.

3. Explored in Ernest H. Preeg, The Haitian Dilemma: A Case Study in Democgraphics, Development, and U.S. Foreign Policy (Washington: The Center for Strategic and International Studies, 1996).