Printer-friendly Version E-mail this page to a friend Haiti Issue Should Be Turned Over to the U.N. Originally: Après la rencontre de la Plate-forme Démocratique avec Cyrus Sibert, Radio Maxima, 2004-01-24 Haiti Democracy Project web page item #1470 (http://www.haitipolicy.org)
Après la rencontre de la Plate-forme Démocratique avec des leaders de la Caricom, Que faire?
Par Cyrus Sibert, Radio Maxima, Cap-Haïtien, Haïti
opinionmaxima@yahoo.com
Le dossier d’Haïti doit être introduit à l’ONU. Le Professeur Edwige Lalane, un spécialiste et ancien Ambassadeur d’Haïti a dit sur les ondes de Radio Vision 2000 : c’est possible ! La Plate-forme Démocratique peut le faire !
Le Mercredi 21 janvier 2004, sur les ondes de Radio Vision 2000, M. Edwige Lalane qualifie de perte de temps la rencontre de la Plate-forme démocratique avec les représentant de la Caricom. L’ancien Ambassadeur, Professeur de Droit international propose le transfèrement du dossier d’Haïti à l’ONU. Professeur Lalane affirme que la Plate-forme, étant devenue une entité internationale avec laquelle la CARICOM accepte de discuter une solution à la crise haïtienne, réunissant la Convergence démocratique et la Société Civile entités reconnues par l’OEA et les pays amis d’Haïti dans la crise haïtienne- peut demander une réunion du Conseil de Sécurité sur la situation en Haïti.
Au mois de novembre 2003 nous avions écrit à ce sujet. Nous avions même organisé des échanges avec des patriotes en Europe; idée qu’un internaute avait qualifié d’‘‘indécence achevée’’.
Nous entendions trouver les voies et moyens qui nous permettraient de transférer le dossier d’Haïti à l’ONU. Il s’agissait pour nous d’indiquer une fenêtre en vue d’atteindre le Conseil de Sécurité sur le Rapport de Louis Joinet. Initiative inspirée d’un texte titré “Suivant l’esprit de la Résolution 940 de 1994, l’ONU doit agir en Haïti’’ ( Par Cyrus Sibert, Current articles, www.haitipolicy.org )
Cette semaine sur les ondes de radio vision 2000, l’Ambassadeur Edwige Lalane nous dit : c’est possible, il y a moyen de le faire.
Rencontre à Nassau Bahamas
Contrairement à l’opinion de plusieurs haïtiens, la rencontre de la Plate-forme avec des leaders de la Caricom nous parait positive. Internationalement elle renforce la légitimité de la ‘‘Plate-forme démocratique’’ et la met dans une bonne situation pour atteindre le Conseil de Sécurité de l’ONU. L’erreur serait d’attendre une décision de la Caricom ou de l’OEA. Nous avons fait l’expérience des ultimatums de l’OEA, de la Mission de haut Niveau et de Colin Powell. A terme, il n’y a rien. Ces pusillanimes n’ont qu’à donner un nouvel ultimatum. Ce petit jeu fait l’affaire de Jean-Bertrand Aristide qui s’en est servi pour faire passer du temps. Ces ultimatums lui ont permis de profaner quatre (4) bicentenaires. On n’entend plus parler l’Ambassadeur des USA. Dans quelques mois, ce dernier s’est vu manipulé piteusement par Jean-Bertrand Aristide.
Comme d’habitude, le leader lavalas ne respecte pas les représentants des USA affectés en Haïti. Il est trop habitué à des contacts directs au Département d’Etat et à la Maison Blanche. Les deux échecs de la diplomatie américaine en mois de 4 mois en Haïti sont : 1. Arrêter Amiot Métayer: il est assassiné et l’ambassade des USA passe dans l’opinion pour complice de l’acte. 2. Laisser l’opposition manifester comme le veut la Constitution: le pouvoir accepte deux manifestations de l’opposition pour célébrer 2004, et on retourne à la case de départ. James Foley avait dit: ‘‘les Etats-Unis tiennent à être présents au côté du peuple haïtien pour la Célébration de bicentenaire’’ On a vu Monsieur Foley au Palais National, pas sur ‘‘le béton’’, où se trouvait le peuple qui contestait l’Etat-princier, bananier et tyrannique.
Actuellement, toutes les manifestations sont attaquées par des gangs armés du pouvoir; la police ose même bloquer toute initiative de l’opposition. Et dans ces circonstances, Washington qui ne peut pas garantir ses accords avec M. Jean-Bertrand Aristide, demande au peuple haïtien de négocier avec lui. Les Etats-Unis peuvent continuer à perdre leur temps: Aristide ne changera pas! Il ne fait que manipuler ses interlocuteurs, spécialement les diplomates incrédules.
En ce moment de la crise, cette rencontre à Nassau Bahamas avec des leaders de la Caricom nous a permis d’agir en vue de convaincre les Leaders de la Caraïbe qui, parait-il, pourraient changer de position, si l’on considère le fait qu’ils n’ont pas répondu à l’invitation de Jean-Bertrand Aristide pour le 1er janvier 2004 alors qu’ils étaient présents aux funérailles de l’ancien Premier Ministre de la Dominique. Le Président du Black Caucus a aussi brillé par son absence. Y a-t-il rupture ?
Le Président Thabo Mbeki, de l’Afrique du Sud semble les conseiller de changer de position, après ce qu’il a vu en Haïti. Notons que le Ministre Sud-africain des Affaires étrangères a précisé, lors d’une conférence de Presse, que l’Afrique du Sud ne peut pas attendre un Président populaire pour aider Haïti et que le Premier Ministre jamaïcain avait signalé que Monsieur Thabo Mbeki suivait de prêt la situation. Toutefois il serait une erreur de faire confiance à ‘‘ce fer de lance’’ de la diplomatie Lavalas qu’est la Caricom.
Le résultat de la rencontre en question est positif: Aristide doit
1. Démanteler les gangs armés (Ce qui sous-entend un changement en profondeur au niveau de la police)
2. Libérer les prisonniers politiques, stopper les attaques contre la presse et les violations des droits de l’homme.
3. Définir les règles (Constitutionnelles) du jeu pour les manifestations.
4. Discuter avec l’Opposition pour un Nouveau Premier Ministre.
Considérons, les trois (3) premiers points:
Il s’agit d’une demande d’application de la Résolution 822. Ce qui se soldera inévitablement par un échec. Bell Angelot l’avait dit au mois d’avril 2003 sur Radio Venus FM au Cap-Haïtien: “ Le pouvoir ne peut pas couper la branche d’arbre sur laquelle il est assis.’’ On peut dire déjà que la Caricom s’aligne sur la position de l’Union Européenne (UE), des Pays Amis d’Haïti (France, Canada et Etats-Unis), des Nations Unies (UN) et récemment du Groupe de Rio.
Donc on ne doit pas attendre. Il faut avancer. Si la Caricom cherche à gagner du temps au profit d’Aristide, en perspective des élections américaines, elle ne doit pas nous avoir.
Que faire?
Il faut trouver un moyen de saisir l’ONU. L’Ambassadeur Edwige Lalane nous dit que c’est possible. Alors en avant!
Les Etats-unis, l’administration Bush, semblent vouloir étouffer la crise haïtienne au niveau régional. Avec tous les déboires de la crise irakienne, Bush semble être embarrassé dans sa position de défenseur du statu quo en Haïti. Imaginez l’administration Bush à l’ONU défendant le Régime Lavalas et Jean-Bertrand Aristide alors qu’elle défend son action en Irak au nom de la démocratie. L’échec du concept ‘‘Nation Building’’ serait consacré par la situation en Haïti. L’Ambassadeur américain à l’ONU serait mal à l’aise des défendre Aristide face au Rapport de Louis Joinet sur les droits de homme en Haïti. Comment défendre Lavalas quand on s’est toujours montré contre les Militaires Birmans, la Révolution iranienne, le Régime castriste, etc.? Comment supporter le Parti Fanmi lavalas quand on agit contre le Parti Baas en Irak, deux partis-Etat? C’est le moment de coincer Washington pour qu’il puisse lâcher Aristide. Parfois des dirigeants américains sont indécis, il faut les faire marcher.
C’est un moment historique pour la Plate-forme démocratique. Il faut foncer sans hésitation. Pour obtenir les résultants de 1994 Aristide a pris des décisions risquées comme dénoncer le traitement affligé aux réfugiés de Guantanamo. Malgré les mise en gardes de Clinton, à Miami il a attaqué Clinton en attaquant sa politique contre les réfugiés haïtiens. On a l’impression que nos leaders ne peuvent pas trancher, qu’ils ont trop d’amis étrangers, trop de choux à ménager.
Des prises de position de Louis Joinet des Nations Unies, de la Caricom, du Parlement Européen, de la Présidence de l’Union européenne, du Représentant du Nonce Apostolique en Haïti, de la Conférence Episcopale d’Haïti, des pays membres du Groupe de Rio et même de OEA, on peut dégager une médiane :
1. Les élections ne sont pas possibles, elles n’apporteront pas la paix escomptée ;
2. Les violations des droits de l’homme sont systématiques en Haïti ;
3. Il faut lutter contre l’impunité et réformer la police politico-partisane.
4. L’opposition doit pouvoir manifester en toute liberté.
Cette médiane suffit pour renverser le régime tyrannique d’Aristide.
1. Sans parlement le pouvoir lavalas est isolé. Louis Joinet vient de répondre négatif, pour Haïti, à une question que les irakiens viennent de poser aux Nations Unies: Les élections sont-elles possibles?
2. Toute tyrannie n’existe que par la répression qu’elle exerce. Si l’on paralyse la capacité répressive du régime Lavalas : s’en est fait de lui. Pour cela il faut demander systématiquement des réformes pour neutraliser la police et la Justice. Pourquoi pas le retour de Jean-Robert Faveur à la tête de la PNH?
3. Le démantèlement des gangs entraînera l’implosion du pouvoir.
4. Des manifestations continues et sans violence bloqueront le pays, il sera bien obligé de partir. Aucune instance internationale ne peut nous demander de ne pas manifester. C’est un principe démocratique inviolable.
Signalons qu’alors que l’Union Européenne et Louis Joinet dénoncent le projet d’Aristide d’organiser des élections dans six (6) mois, jusqu'à présent Washington fait silence. Bush semble vouloir des élections en Haïti à tout prix. A Monterrey Aristide a déclaré: ‘‘Je suis très content d’organiser des élections.’’
Le Président des Etats-Unis a-t-il confié au leader Lavalas la Mission d’organiser des élections à tout prix? La répression actuelle et les manifestations lavalas visent-elles à préparer ses joutes à l’irakienne (100% au temps de Saddam Hussein) en Haïti ou à aggraver la crise en vue de miner la réélection de Bush? Notons toutefois qu’alors qu’une délégation de la Plate-forme discutait à Nassau Bahamas, Aristide maltraitait les étudiants.
L’intensité de la mobilisation bloquera le pays. Washington ne pourra pas accepter une telle situation en pleine campagne électorale.
Ne vous en faites pas pour les manifestations-carnaval du pouvoir lavalas. Jean-Claude Duvalier avant son départ pouvait mobiliser plus de monde que ce que nous voyons dans les rues en faveur d’Aristide. Les manifestations en faveur des militaires durant le coup d’Etat (1991-1994) attiraient plus de monde que ce que nous voyons actuellement à Port-au-prince. Les manifestations du pouvoir sont coûteuses, il finira par s’épuiser. Notre mobilisation est inversement proportionnelle à la répression. Le problème est la répression.
Il faut dénoncer systématiquement les cas de violations des droits humains et entreprendre des initiatives au niveau de l’ONU - à partir du Rapport de Louis Joinet, de la nouvelle position de la conférence Episcopale, du rapport de OEA constatant son incapacité, de la demande de la Caricom et des pays amis d’Haïti - pour paralyser la machine répressive du pouvoir lavalas. Des demandes peuvent être formulées: Mission d’observation des droits de l’homme au niveau des Commissariats de la Police Nationale d’Haïti et Bureaux de plaintes à travers le pays. Au mois de Mars la Caricom ne sera pas la seule à constater que le pouvoir est de mauvaise foi, le Conseil de sécurité pourra décider sur Haïti.
‘‘De la même manière que l’Église dénonce les violations des droits humains faites par le pouvoir, la plate-forme démocratique doit emprunter la même voie pour affaiblir la thèse douteuse de la Caricom faisant croire qu’Aristide jouit encore d’une quelconque popularité. Lors même qu’il le serait on aurait pris en exemple Fidel Castro qui peut réunir 1,000,000 de cubains sur la place de la révolution à la Havane et cela ne l’empêche aucunement d’être un dictateur d’une autre espèce ! En juillet 1974 Haïti même avec une économie florissante - Haïti s’est vue refusée l’accès à la Caricom pour n’avoir pas été un pays démocratique et qui, de même ne respectait pas les droits de l’homme. Comment se fait-il qu’en ce moment la Caricom et le pouvoir se trouvent si proche l’un l’autre alors que l’exportation est presque nulle et la situation des droits de l’homme se détériore d’avantage. Ne devrait-on pas mettre en question les relations douteuses d’Aristide et son organisation lige ?’’ Cyrus Sibert, Aristide cherche-t-il à miner la réélection de Georges W. Bush ? 19 janvier 2004.
Entre les lignes l’Église Catholique demande une action de l’internationale. Elle a rétracté sa proposition pour éviter à la communauté de l’utiliser comme ‘‘leurre de leur attente’’ dit-elle.
Le dossier d’Haïti à l’ONU aura beaucoup plus d’écoute. On pourra contourner le silence des médias américains. A l’intérieur du pays la mobilisation s’intensifiera, et Aristide partira.
Sans doute, face à de telle initiative, Bush demandera à Aristide de jeter l’éponge pour ne pas compliquer sa politique étrangère.
L’histoire nous commande de prendre les mesures qui s’imposent, en bons nationalistes. Pour l’indépendance d’Haïti, Dessalines avait tranché. De même la cause démocratique pour un Etat-Nation à partir de 2004 exige une position démocratique radicale. Ne vous laissez pas leurrer par des promesses de ‘‘Pays amis’’. Les Etats-Unis ne peuvent même pas défendre son projet de libre échange en Américaine.
‘‘Les Etats-Unis ne sont plus le donneur de lecons, l'intraitable Yankee et le tribunal politique suprême et de dernier recours en ce point stratégique de l'Hémisphere Occidental.’’( Daly Valet, Haiti, Washington et la Nouvelle Amerique latine, groupedeDalyValet@yahoogroupes.fr, dalyv@yahoo.com)
C’est le moment idéal: En avant!
Cyrus Sibert 23 janvier 2003 Haïti |